Bonjour à tous !

J’ai reçu depuis un petit mois LaBox de Numéricable. Tout se passe bien. Tout se passe bien si on compare à un set-top-box bas de gamme.

J’ai d’abord été étonné par le design. De bonnes idées, d’autres mauvaises, mais on retrouve dans cette box l’esprit Numéricable : un produit à priori fabuleux, extraordinaire, mais pas terminé et couplé à un service défaillant.

Pour faciliter la lecture, je vais y aller point par point.

1. Pourquoi?

Je me dois de préciser que j’ai passé la commande début juillet 2012, donc selon le moment où vous lisez ceci, l’offre n’existe peut-être plus.

Comme je l’ai expliqué dans d’autres posts, j’ai déménagé de la rue de Montreuil (Paris XI – proche de Nation) à la rue de Paris, à Charenton-le-Pont (94). Je suis à moins de 500 mètres de Paris, donc je pensais avoir avec mon opérateur précédent (Free, avec Freebox V6) un merveilleux débit de 16 à 18 Mbit/s comme on peut l’espérer dans ces conditions. Or les lignes ADSL de Charenton sont reliées à Alforville, non loin d’ici mais pour moi c’est tout de même 2800 mètres de ligne téléphonique.

La ville est totalement raccordée avec des lignes de téléphones en 0.4 mm de section de câble. Or, pour obtenir de bons débits avec de grandes distances il est préférable d’avoir des câbles à section plus importante.

C’est ainsi qu’après mon déménagement en mai, je suis passé de 16 à 3,5 Mbit/s, ce qui fait tâche pour une ville limitrophe de Paris. De plus, lorsque vous téléchargez un porno des années 70, une Debian, un film ou la sauvegarde hebdomadaire de votre serveur distant, il est important de noter que vous utilisez une certaine quantité de bande passante, et que vous devez généralement partager celle-ci avec les services gérés de l’opérateur. Les services gérés sont la plupart du temps la TV et le téléphone et sont généralement garantis. On vous garantie toujours que vous pourrez regarder la TV en toute quiétude, ou avoir une bonne qualité audio avec le téléphone. Pour cela on pompe du débit sur la «partie Internet». Dans votre *box, on a rajouté un peu de priorisation des flux pour garantir ces services. Le test est simple. Trouvez un fichier très lourd à charger et qui occupe au maximum votre bande passante, et allumez votre télévision. Vous verrez bien les mêmes chaînes en HD, mais votre téléchargement ralentira sensiblement. Imaginez que Grozog et moi avions du mal à charger la page d’accueil de Google à deux en regardant la télé.

Aucun autre opérateur ADSL ne pouvait me fournir mieux, c’est alors que j’ai décidé de passer au câble en me rappelant ce principe de base de Numéricable, qui dit que quand on a un problème c’est la misère, mais quand tout marche bien, c’est merveilleux. J’y ai pas mal réfléchis et j’ai fini par passer le cap.

Je me rendais bien compte que j’obtenais certes un meilleur débit (100 en down et 5 en up chez Numericable, contre 3,5 en down et 0,4 en up chez Free dans ma ville), j’obtenais également un débit dédié pour la TV (supportant normalement deux enregistrements HD en visionnant deux autres chaines en HD en simultané) et pour le téléphone. Très bien sur le papier mais je devais renoncer à des services précieux pour l’usage d’un serveur notamment l’IP fixe et le reverse DNS personnalisable, rendant ainsi la configuration autrement plus compliquée. Je devais aussi perdre la simplicité d’utilisation et les fonctions très agréables de la Freebox Révolution comme AirPlay, la base DECT intégrée (d’où l’article sur le déballage d’un téléphone DECT et de sa base), le lecteur Blu-Ray, etc.

2. La souscription

Je me suis tourné donc vers une offre Power. C’est LaBox 200 Mbit/s (je suis en zone 100 mais c’est déjà ça) + 240 chaînes + téléphone illimité fixe et mobiles et plein de destinations + une ligne mobile avec un forfait 1h+60SMS en cadeau, les frais d’accès à un disque dur 160 Go offerts, les deux mois de l’été offerts et le tout pour 44,90 € avec quand même une caution de 75 euros. Je ne prends pas l’option lecteur Blu-Ray car payante et je ne possède ni DVD, ni Blu-Ray. C’est quand même plus cher que tous les autres, mais avec un service un cran au dessus car le débit est là, les chaînes de télé sont là aussi. C’est pour moi la grande force de l’offre car vous retrouvez des chaînes qui obligeraient chez d’autres providers à s’abonner au bouquet CanalSat.

J’ai souscrit en ligne. On m’a juste proposé à la fin de télécharger mon contrat, choisir une date de rendez-vous technicien, et qu’on m’appellerait pour confirmer au plus tard sous 72h.

Sauf que 72 heures après, rien. J’appelle la hotline, qui m’annonce fièrement que ma demande d’abonnement à été rejetée. Un mail aurait été bienvenu ne serait-ce que pour prévenir… On me propose de souscrire à nouveau, et 72 heures après, toujours rien : ni appel, ni mail. Je laisse passer un jour ou deux et je rappelle. On m’annonce précisément la même chose, et on me propose bien sûr de souscrire encore une fois. Sauf qu’en attendant, j’ai des opérations carte bancaire en cours et ne souhaite pas en ajouter d’autres. J’ai finalement compris qu’ils étaient débordés et que ma demande n’a jamais été rejetée mais comme il n’y a pas de suivi, les conseillers en profitent pour me faire souscrire encore et je suppose, au passage, grappiller une prime de nouvel abonnement. Je m’en suis rendu compte quand on m’a recontacté quelques jours plus tard pour finalement reprendre un rendez-vous technicien et qu’on m’a donné mon numéro d’abonné, et que celui-ci était bien le tout premier obtenu.

De mémoire je n’ai jamais été confronté à un hotline aussi mauvaise. A chaque question, des réponses d’une bêtise crasse et un SAV Twitter qui m’a purement ignoré, à plusieurs reprises et je n’avais pas envie de les spammer jusqu’à obtenir une réponse. C’est vraiment une calamité dès que l’on doit avoir affaire à eux car ils sont particulièrement incompétents, irrespectueux et en plus c’est payant.

3. L’installation

Après presque deux semaines de négociations, un technicien s’est déplacé, pile au moment prévu pour m’apporter ma box, et vérifier que mon installation est conforme, ce qui est le cas. Le technicien m’informe que c’est normalement un service payant mais qu’il souhaiterait faire l’installation avec moi pour être certain que tout fonctionne avant de partir. Pas de grand professionnalisme à mon avis, mais plutôt le manque de motivation pour revenir rapidement en cas de pépin, mais c’est tant mieux quand même.

La boîte à outils du technicien

Il raccorde donc son testeur sur ma prise, puis raccorde la box, elle commence à télécharger sa mise à jour avant de donner accès au net. L’activation des droits pour la télé arrive dans la foulée et idem pour le téléphone. Tout semble aller parfaitement, mais malheureusement je n’ai pas eu la joie de faire le déballage. C’est pas grave. J’attends le départ du technicien pour commencer à m’amuser.

Le testeur

4. L’utilisation

La boîte

Ce n’est que moyennement fluide. Si l’affichage de la chaîne elle-même n’a jamais bloqué chez moi, l’affichage de tout ce qui est autour, les menus, le mini guide, et autres est saccadé et peu fiable la plupart du temps. J’aime l’affichage de l’écran d’accueil avec une sorte de XrossMediaBar à la Sony et une fenêtre affichant la dernière chaîne. Il suffit de presser la touche OK et on passe en plein écran. Il y a vraiment plein de bonnes idées mais selon moi, avant de penser à l’appairage WiFi via un QR Code qui s’affiche sur le téléviseur, et autres fonctions futiles, il aurait été préférable de terminer certaines fonctions essentielles et fiabiliser l’ensemble. Cette box est également très plantive et changer de chaîne un peu trop vite peut parfois être la source d’un plantage en règle obligeant à un reboot.

La boîte – 2

On retrouve donc un media center capable de détecter les périphériques DLNA, les pages de configurations, un Replay et de la VOD en veux tu en voilà, un guide, etc.

Autant la bête est à peu près utilisable, autant la télécommande… C’est, passez moi l’expression, une véritable merde sans nom. A priori amusante avec un côté télécommande, et un côté clavier, RF et infrarouge, fonction télécommande universelle (toujours pas activée) mais l’utilisation est absolument catastrophique. Les touches répondent quand elles veulent, la tenue en main est aléatoire, le pad directionel est conçu en dépit du bon sens, la touche 0 au dessus du clavier numérique (du jamais vu, plus que déroutant si vous avez l’habitude de composer directement le numéro de chaîne, et pire si vous utilisez plusieurs télécommandes différentes). La télécommande détecte toute seule son orientation, ce qui est bien, mais lorsque vous êtes au lit vous devez parfois contorsionner le poignet afin de la mettre dans le bon sens pour que la bonne face soit active. Il faut également noter qu’elle est assez bruyante.

L’autre face de la télécommande est un bête clavier AZERTY, il manque tout de même les accents… M’enfin bon…

Le design est particulier. Un seul boîtier, ça fait bizarre !

Vue de dessus, le disque dur à droite, la carte à gauche, mal insérés pour vous donner une idée de là où ça se place.

Façade amovible pour ajouter le lecteur Blu-Ray, trappe de disque dur d’un côté, lecteur de carte d’accès de l’autre, grilles de ventilation de chaque côté donc impossible de la mettre à la verticale. Vous la posez comme sur les images, point. Elle dispose d’une collection pléthorique de connecteurs. Ethernet, USB, HDMI, RCA, coaxiale ou optique pour l’audio, entrée câble et sortie antenne TV.

L’arrière de LaBox

La façade

L’afficheur en façade est sympa mais cruellement petit. Illisible pour moi quand je suis dans mon canapé. Pire encore, des icônes sont présentes au dessus pour indiquer l’état de la connexion, des lignes téléphoniques, la présence de messages sur le répondeur, etc., ne sont visible que si vous vous approchez de très près.

L’afficheur sans la façade

5. Ma partie préférée, la configuration !

Pour vous faire une idée de l’interface TV, cherchez vous-même et vous trouverez aisément des vidéos qui la présentent. Ce qui est intéressant, ce sont les fonctions des pages de config. On ne trouve pratiquement aucune info à ce sujet. C’est étrange. Donc je vous l’affirme haut et fort, il y a bien un mode bridge ! Raccordez un routeur, désactivez le Wifi intégré, entrez son adresse MAC dans la page correspondante et le tour est joué !

Vous aurez sinon accès aux fonctions classiques, le réglage de la fréquence câble, du Wifi, du déclenchement et transfert de ports, à la DMZ, au filtrage de certains services, c’est vraiment du classique. Étant basée sur du matériel Sagem, une partie du logiciel interne provient de chez eux.

En voici quelques captures :

J’espère que cette rapide présentation vous a plu. N’hésitez pas à poser toutes les questions qui vous plairont, voire faire des demandes de parrainage, ce sera avec plaisir. Encore une fois cette box a un énorme potentiel mais il n’est pas encore totalement exploité.