Le temps passe vite mais aujourd’hui est un jour spécial. Un Forward to the past particulier puisqu’on va parler radio-réveil des années 80. Souvenez-vous… Vous étiez jeune, belle ou beau, un corps svelte et élancé, une peau satinée, dorée par le soleil d’une plage au sable fin. Quand on est jeune, on est fou, on est fougueux, on fait l’amour une fois par mois, on ne porte pas de chaussons… Pardon je m’égare.

Avec mon redémarrage dans la vie active, s’est posée une incroyable question existentielle qui est la suivante :

Putain, merde, bordel, pourquoi mon réveil n’arrive pas à me réveiller ?

La question est donc posée. La trame sous-jacente pourrait être que j’ai besoin d’un réveil. Alors quoi? Mon téléphone? Oui, mais sonne pas assez fort pour me réveiller. La Pebble Watch? Oui, mais ne vibre pas assez fort pour me réveiller. La télé? Oui, mais pas de fonction Snooze (Vous savez? Ça sonne, on l’arrête, et ça sonne à nouveau au bout de quelques minutes) et je serai trop tenté d’éteindre la télé dès mon réveil et me rendormir. Toujours aussi chiant, hein !

Plein d’appareils, mais tous ont un petit défaut. Alors pourquoi ne pas se procurer un radio-réveil traditionnel? Le volume est réglable, il y a une fonction snooze, on peut choisir facilement la station de radio à utiliser, idéal pour se réveiller avec un programme précis.

Plusieurs modèles m’attiraient. Des très simples du commerce avec affichage LCD, mais j’ai un faible pour le charme des afficheurs LED 7 segments, de préférence rouge. J’avais également pensé au Karotz qui trône sur mon meuble TV, mais la fiabilité est loin d’être au rendez-vous, et la solution est très moyenne vu l’était de quasi-abandon dont fait preuve la société qui le vend (la qualité des applis est loin d’être au rendez-vous, il n’est plus en vente et ils n’ont même pas de date de retour depuis plusieurs mois, et ça sent la fin des haricots comme à l’époque du Nabaztag qui en son temps avait été rendu inerte lorsque les serveurs de l’éditeur ont été arrêtés, pas terrible d’avoir un radio réveil dépendant de serveurs distants…). J’avais également pensé au Sony Dash, une tablette tactile étudiée pour afficher diverses informations avec un système et des applications spécifiques, mais le même problème est arrivé en 2012, deux ans après sa sortie (on en parle sur CNet, sur Wikipédia, et sur Youtube). C’est ça aussi la magie du cloud…

Je suis un gros fan des écrans à tube cathodique, et particulièrement ceux de petite taille. Alors que je venais d’avoir une idée pour mettre la télévision dans ma cuisine avec un téléviseur portable Panasonic 10″ (un TX-G10/C), je me suis souvenu d’un combiné TV/Radio/Réveil que j’ai bien connu. Un écran à tube 13 cm couleur, un afficheur rouge 7 segments, un radio FM, une fonction snooze, tout ce que je recherche. Cependant je ne parviens pas à retrouver le modèle précis que je voyais chez un ami et qui me plaisait beaucoup, un Telefunken de mémoire, mais c’est tellement loin que j’ai quand même des doutes et surtout, impossible de trouver une piste, ce type d’appareil ne laissant pas vraiment de marque dans l’histoire.

Mon choix se porte donc sur un autre modèle, vendu au Royaume-Uni dans les années 80. Et le voici, un radio-réveil des plus vintages!

Installé dans la table de nuit, après un petit nettoyage

Installé dans la table de nuit, après un petit nettoyage

Il s’agit d’un Saisho CTR7, qui était à l’époque, début ou milieu des années 80, la marque distributeur des boutiques Dixons. Ce modèle a existé sous la marque Matsui, et sûrement d’autres. Étant destiné au marché britannique des années 80, deux problématiques majeures se posent. La première étant la prise électrique différente, problème vite réglé avec un simple adaptateur ou un bloc d’alimentation continu 12V – 1A. Le deuxième problème n’est pas très commode. Il s’agit de la norme de diffusion. Eh oui, le « tout numérique » laisse des séquelles aux anciens appareils, donc il faut adjoindre un tuner TNT, ce qui conduit à un troisième problème : Ce petit appareil merveilleux ne dispose d’aucune entrée vidéo, juste une prise d’antenne. Il faut donc un tuner TNT, raccordé en Péritel (SCART) à un modulateur hautes-fréquences (UHF, puisque c’est la seule bande que propose le téléviseur) qui permet de convertir un simple signal vidéo en sortie du tuner TNT en un signal haute fréquence sensiblement identique à celui émis par les relais analogiques que le DVB-T a supplanté.

Je récapitule : Le signal antenne classique ou par le service antenne de Numéricable arrive sur l’entrée antenne du décodeur TNT. Le décodeur TNT… décode le signal numérique. La sortie Péritel du décodeur est reliée à un modulateur qui va, à partir du signal vidéo, fabriquer un signal antenne analogique compatible avec une ancienne télévision que l’on ne pourrait pas brancher en Péritel. Le téléviseur est donc normalement en mesure d’afficher l’image.

Il faut savoir que le DVB-T, la TNT, a supprimé le problème du standard PAL, SECAM ou NTSC. J’avais donc oublié toutes ces histoires mais elles ont leur importance en analogique. Le téléviseur est PAL, la sortie Péritel du tuner TNT également, donc on pourrait à priori croire que tout est bon, les deux appareils utilisant le même système de codage. Ceci était sans compter le modulateur UHF. Celui que j’avais choisi au départ générait un signal antenne en PAL, sans précisions supplémentaires. Après quelques recherches, je me suis rendu compte qu’il s’agissait de PAL à la norme de télédiffusion B/G (il s’agit de la modulation de signal que l’on rencontre en Allemagne, en Espagne, etc. mais pas au Royaume-Uni !). Au Royaume-Uni, on utilisait le PAL I, le même standard, avec une autre norme de modulation de signal. Il faut donc choisir un modulateur UHF capable de générer un signal PAL I sans quoi la télévision sera inexploitable.

Une fois tous les éléments sélectionnés, on branche le tout, on croise les doigts, et… Ça marche pas. Bah forcément, faut configurer le modulateur UHF… Mais une fois que c’est fait, comme vous pouvez le voir sur les images, on obtient la télé en couleur sur ce petit poste aux dimensions sympathiques et qui remplit toutes les fonctions que je souhaitais.